NUDE PER L’ASSASSINO (Strip Nude for your
Killer, Nue pour l’Assassin)
Réalisateur : Andrea Bianchi
Casting :
Edwige Fenech, Nino Castelnuovo, Femi Benussi, Erna Schürer, Solvi Stubbing, Franco Diogene
Année : 1975
Section : Giallo
Nino Castelnuovo & Edwige Fenech Femi Benussi & Nino Castelnuovo Erna Schürer & Franco Diogene Le menu BlueUnderground donne le ton : 3 photos, 3 filles à poil ou en porte jaretelles Ce plan est le premier du film Classe et savoir vivre en société Un cadrage assumé ! |
Eurosleaze : Terme désignant un certain cinéma européen (comme son nom l’indique) et particulièrement tourné autour du sexe (de préférence de mauvais goût et bien salace). Le moins que l’on puisse dire est que ce Nude per l’Assassino, classique du genre, correspond parfaitement à cette définition. Réalisé par un maestro du genre, le classieux Andrea Bianchi à qui l’on devra plus tard deux pièces majeures du genre, Burial Ground et surtout Malabimba, Nude per l’Assassino est devenu au fil du temps un symbole, voire même un étendard, du cinéma putassier qui s’assume totalement. Un film dont tout le sel et la substance sont contenus dans le titre. Pendant une heure et demie, le spectateur alléché est amené à observer de jolies dames le plus souvent (quasiment toujours) nues attendant d’être massacrées par un mystérieux assassin. Si le film possède bien deux mamelles, force est de reconnaître que Bianchi semble de toute évidence plus intéressé par l’anatomie de ses actrices que par l’histoire entourant ce tueur. Bianchi adopte bien quelques fondamentaux giallesques (visage caché, arme blanche et révélation finale) mais ne s’en sert essentiellement que pour appâter le chaland flairant l’odeur du giallo sulfureux. Sur ce point, nul doute que tout spectateur sera déçu tant l’histoire semble bricolée de toute pièce et tant le casting est plus au diapason d’un softcore M6 que d’un Sergio Martino. En réalité, Nude per l’Assassino est un vrai produit de Sexploitation dont l’histoire n’est qu’un prétexte à dépoiler ses actrices parfois dans des conditions et un réalisme proche du grotesque (mention spéciale au sauna de Femi Benussi !). Mais, au-delà de ces anecdotes, le film remplit parfaitement son cahier des charges et atteint son objectif. Il le fait surtout avec une absence de complexe digne de cette époque et de ce type de cinéma. Bianchi n’est pas un intello, le revendique et assume pleinement le fait d’assouvir ses fantasmes (et ceux des spectateurs) par le biais de ses films. Le bougre n’a donc qu’une obsession : mettre la totalité de son casting féminin à poil en 1H30 et dans n’importe quelle conditions, surtout si ces dernières sont à la limite du sordide. L’avantage avec Bianchi et son Nude per l’Assassino, c’est que le déferlement n’a aucune limite : une première scène qui donne l’occasion de voir en gros plan l’entrecuisse d’une dame sur le point de se faire avortée, une scène finale où l’on apprend avec finesse qu’Edwige Fenech a trouver le moyen de copuler sans contraception (c’est classe, c’est frais et ça termine le film en beauté). Le comble est sans doute l'utilisation du pauvre Franco Diogene et de son obésité avec des scènes qui fleurent plus la comédie type L'infirmière n'a pas de culotte que le giallo (la tentative de culbutage d'Erna Schürer par le bonhomme atteignant les limites du portenawak). Au milieu, c’est un florilège de fantasmes qui se côtoient le plus gratuitement du monde créant ce qui doit constituer un des films les repoussants pour tout féministe qui se respecte. La femme est ici appréhendée sous un angle et un seul, celui de son cul, et tient un rôle qui se décline en 3 parties distinctes. Tout d’abord s’habiller comme la pire des pouffes (avec si possible une jupe qui remonte sur le nombril en position assise), ensuite se déshabiller (le plus rapidement et le plus naturellement du monde : ainsi quand un homme prétend travailler pour un magazine célèbre, ne pas hésiter à poser nue pour lui dans les 2 minutes qui suivent), et enfin déambuler à poil afin de vaquer à ses occupations habituelles. Un spectacle qui au deuxième degré en devient drôle et qui
bénéficie aussi d’un casting adéquat. En tête de la meute, la plus célèbre des
Bis Queens, Edwige Fenech dont la coupe cheveux courts aura plus fait parler du
film que n’importe quel autre argument. Aux cotés de nos deux stars, on notera la présence de l’ex Krimi-girl Erna Schürer, et surtout de Nino Castelnuovo, unique rôle masculin d’importance. Si l’acteur fait honnêtement son travail, on retiendra surtout l’émouvante interview présente sur le DVD Néo Publishing dans laquelle l’acteur reconnaît pleinement l’aspect ludique du film sans essayer de le faire passer derrière de pseudos prétextes artistiques. Il est surtout au bord des larmes en évoquant son passé dans le cinéma et fait preuve d’une sincérité carrément désarmante. Un beau moment. En DVD, le film bénéficie de deux éditions notables dont l’une (ô bonheur et miracle) bien de chez nous et éditée par Néo Publishing et l’autre par Blue Underground. Bénéficiant toutes deux de bonus équivalents mais complémentaires (quelques interviews qui sans être révolutionnaires apportent des informations intéressantes sur le film mais également sur Andrea Bianchi). Le DVD Néo présente le plaisir coupable de bénéficier en toute logique d’une piste française agréable mais inutile au vu de la facilité de suivre un tel film y compris en VO non sous titrée. Pour finir, les menus de chaque édition sont bercés par la géniale musique du film (fonds sonore de cette page) qui correspond parfaitement à l’atmosphère érotique de l’ensemble. Une édition X Rated Kult existe (avec notamment quelques scènes coupées alléchantes) mais difficilement trouvable.
Dans l'ordre, les éditions Blue Underground, Néo Publishing et X Rated Kult
|
CAPTURES | ||